Une autre manière de « faire son deuil »

Cecile Crispin

Conteuse et psychologue, passionnée par l’expression sous toutes ses formes

3 Fév 2026 | Article de blog

 

 

 

 

 

Une autre manière de faire son deuil

 

Faire son deuil : des mots barbares pour celles et ceux qui viennent de subir une perte.

Dans notre culture contemporaine, nous concevons le deuil à travers des étapes bien connues du grand public :

  • Le déni
  • La négociation
  • La colère
  • L’effondrement
  • La reconstruction

Il est entendu que le parcours de la personne endeuillée doit s’effectuer selon le schéma décrit et dans un temps « raisonnable », sous peine d’être catalogué dans la rubrique « deuil pathologique ».

S’il est vrai que la plupart d’entre nous passe par ces étapes lors de la perte d’un être cher, le processus est rarement parfaitement linéaire et limité dans le temps.

Le moment de la reconstruction associé au fait de « tourner la page », « se tourner vers la vie » et/ou « passer à autre chose » peut grandement freiner le chemin du mieux-être.

L’approche narrative (issue du courant systémique) nous ouvre d’autres perspectives que l’ultime séparation.

Elle considère que la mort ne provoque pas de rupture de lien et propose dès lors de renégocier celui-ci à travers les temps passés, présents et futurs des personnes endeuillées.

Il s’agirait d’inclure les absents dans nos vies et d’introduire, de manière différente,  leur apport quotidien.

L’approche narrative propose de célébrer les  diverses manières dont la relation avec la personne disparue éclaire et enrichit notre vie.

Pratiquement, elle interroge la façon dont le vivant peut réintégrer les souvenirs de l’absent.

Elle offre la possibilité d’explorer

  • L’histoire de la personne aimée
  • L’expression de ce qui la rendait unique
  • Ses valeurs
  • Le lien que l’on a partagé avec elle
  • Le regard qu’elle portait sur nous
  • L’apport mutuel que l’absent et l’endeuillé ont vécu
  • Les souvenirs marquants

L’approche narrative permet de solliciter d’autres histoires que celles associées au désespoir de la séparation afin que la personne garde auprès d’elle l’être aimé.

Elle questionne les paysages d’actions en termes d’événements qui vont constituer une trame narrative, ainsi que les paysages de sens en donnant place aux thèmes et valeurs qui vont apporter de la profondeur à la trame.

La constitution d’une histoire alternative permet de réintégrer les éléments importants de la relation que le disparu entretenait avec son entourage.

Je vous propose ici quelques pistes à explorer pour conserver le lien à l’être aimé dans votre vécu.

 

Si la relation à votre absent avait une forme, une couleur, un poids, une texture, que serait-ce ?

Quand auriez-vous besoin de vous rappeler de ce symbole ?

Que vous dirait-il ?

Quel regard porterait-il sur vous ?

 

Si votre absent vous avait laissé un paquet cadeau qui représente le regard qu’il portait sur vous, que trouveriez-vous à l’intérieur du paquet ?

Si vous pouviez avoir une conversation avec vote absent, que lui diriez-vous ?

Que vous répondrait-il ?

 

Si vous aviez quelque chose à transmettre de votre absent, qu’est-ce que cela pourrait être ?

Comment pouvez-vous le transmettre dans votre présent ? A qui ?

 

Pouvez-vous choisir quatre valeurs qu’avait votre absent et les attribuer aux saisons de votre vie ?

Un mot clé qui vous accompagnerait au fil du temps…

Quelles histoires aimeriez-vous conserver ?

 

Allez-vous les écrire, les enregistrer, les filmer, les mettre en musique ?