Burn out. Fonctionnement et pistes de réflexion

Cecile Crispin

Conteuse et psychologue, passionnée par l’expression sous toutes ses formes

6 Jan 2026 | Article de blog

 

Burn out : fonctionnement et pistes de réflexion

 

  1. INTRODUCTION

 

Nous avons tous entendu parler de burn out.

Certains considèrent que c’est un phénomène de mode, qu’il s’agit d’une belle excuse pour ne pas aller travailler ou encore que la fatigue invoquée pourrait être vite solutionnée.

C’est  sans compter sur la souffrance que cet épuisement général produit tant sur le physique que sur le mental.

Ainsi, certaines personnes ne peuvent même plus se lever, n’ont plus aucune énergie, ont perdu toute motivation et la moindre petite activité leur demande un effort énorme.

Ces symptômes – bien réels – engendrent souvent une très grande culpabilité chez les individus qui y sont confrontés, habitués qu’ils ont à un rythme de vie soutenu et à une grande productivité.

On peut d’ailleurs lire dans la littérature sur le sujet que les personnes touchées par le burn out sont habituellement très motivées et investies dans leur travail. C’est pour elles un véritable tremblement de terre que de ne plus pouvoir continuer à fonctionner comme elles l’ont toujours fait.

Dans cet article, je voudrais exprimer de ce que j’ai pu observer chez les patients souffrant de burn out.  Il s’agit bien ici de constats empiriques sans prétention de conceptualisation.

En effet, lors de mes consultations, j’ai pu identifier un fonctionnement qui semble commun et dont j’aimerais apporter ici mon témoignage.

Mon souhait est d’aider à prévenir la maladie et de proposer des pistes de réflexion à celles et ceux qui en souffrent.

L’identification de comportements communs pourrait peut-être permettre de prendre du recul face à un état qui nous laisse bien souvent perplexes.

Je préconise évidemment un accompagnement thérapeutique indispensable à des personnes qui sont par ailleurs déjà tellement exigeantes avec elles-mêmes.

 

II. DESCRIPTION DES OBSERVATIONS

  1. Sur – fonctionnement

De manière générale, les personnes, que je reçois dans un contexte de burn out, SUR – fonctionnent. Elles ont un rythme de travail effréné et cela se propage parfois à la maison et dans les activités de loisirs.

Elles répondent à toutes les demandes, même si elles se sentent débordées, ne comptent pas leurs heures, pensent qu’elles devraient ou pourraient en faire plus, se sentent investies de toutes les responsabilités.

Au regard de cette description, on pourrait se dire que la recette miracle serait de ralentir le rythme.

Oui, mais comment ?

En faire moins? Quelles tâches abandonner? Comment prioriser? Que penserait l’entourage? Comment annoncer cela? Comment garder l’estime de soi en en faisant moins?

 

  1. Exigence envers sa propre personne (et parfois envers les autres)

J’observe souvent un très grand niveau d’exigence chez les personnes souffrant de burn out: il faut  faire le maximum, il faut que tout soit bien fait, il faut que soi-même et celui à qui est destiné le travail soient entièrement satisfaits. Les choses doivent être faites à fond et tout le temps.

En écrivant ces lignes, j’ai l’impression de parler d’un robot. C’est tout dire.

Aussi, on attend de l’autre le même comportement, ce qui, n’est pas toujours le cas.

Les personnes tentent alors de compenser, en se surchargeant, et la boucle est bouclée.

Vous noterez aussi le lexique utilisé : «IL FAUT» ou «JE DOIS» «CELA DOIT ËTRE FAIT»

Nous sommes très loin d’un vocabulaire de douceur, respectueux du rythme, de l’énergie, du bien-être de chacun.

  1. Perfectionnisme et autres valeurs

Dans ce contexte, le perfectionnisme est souvent au rendez-vous. Il complète fort bien la description que nous avons évoquée de l’exigence envers soi-même. Il est souvent ancré dans des valeurs profondes, liées au travail et au dépassement de soi.

  1. Perte de sens

A force de travailler sans lever la tête, on en vient à perdre le sens de ce que l’on fait. Et c’est souvent le point de départ de cette fatigue émotionnelle.

A l’image d’un travail à la chaîne dont on ne connaîtrait pas le produit fini, on exécute un savoir-faire sans plus pouvoir le contextualiser.

Cela en démotiverait plus d’un.

  1. Difficultés à s’octroyer du temps

S’octroyer du temps? Pour quoi faire? Et puis… qu’en faire?

Appuyer sur pause? Certainement pas! Nous aurions encore plus de travail ensuite, à la reprise.

Appuyer sur pause? Mais si l’on s’arrête on s’écroule. Si l’on s’arrête… on pense. Et on ne veut pas penser… Cela pourrait être dangereux.

  1. Difficultés à mettre des limites.

Dire non à certaines demandes? Impossible. Nous aurions peur de faire mal. Nous aurions peur qu’on nous dise que l’on ne fait pas notre boulot. Il en va de notre sens des responsabilités d’accepter toutes les demandes. Nous aurions peur de laisser l’autre sans solution.

 

III.PISTES DE REFLEXION

 

C’est ici que l’on peut se rendre compte de la nécessité d’un travail d’accompagnement.

Il permettra d’éclairer nos valeurs et l’origine de nos comportements.

Il mettra en lumière les mécanismes que nous avons mis en place dès l’enfance mais qui, entre temps, ne sont peut-être plus nécessaires.

Il permettra de faire des choix conscients sur ce que nous souhaitons faire et les limites à établir.

Il entendra nos difficultés de changement.

Il proposera un autre lexique, respectueux du rythme qui nous convient.

Il valorisera la souplesse dans l’exigence.

Il interrogera notre quotidien à la lumière de ce qui est important et réaliste.